Site non compatible avec les versions d'Internet Explorer
En 2016, M. Z. crée une SCI qui acquiert une maison pour 585 300 €, puis y réalise d’importants travaux (plus de 320 000 €), le tout financé par des emprunts. La SCI loue ensuite ce bien à M. Z. et sa partenaire de PACS pour un loyer mensuel de 1 700 €.
Deux problèmes apparaissent :
Résultat : la SCI est structurellement déficitaire et génère un déficit foncier massif, que le couple impute habilement sur ses autres revenus fonciers pour gommer une partie de ses impôts personnels.
Sans surprise, l’administration voit dans ce montage une manœuvre purement artificielle.
Elle déclenche la procédure d’abus de droit fiscal en considérant que cette location n’a d’autre but que de contourner l’interdiction faite aux propriétaires occupant leur propre logement d’en déduire les charges et déficits (article 15-II du Code général des impôts).
Elle annule purement et simplement tous les déficits fonciers reportables de la SCI et réclame les impôts éludés au couple, assortis de la majoration de 80% pour abus de droit.
Le Comité valide intégralement la position de l’Administration. Il balaye l’argument du couple, qui prétendait avoir mis en place ce bail pour « protéger le conjoint survivant » en cas de décès, argument non prouvé.
Le Comité relève surtout que la SCI ne s’est absolument pas comportée comme un bailleur normal avec des tiers :
Le Comité confirme que les contribuables ont poursuivi un but exclusivement fiscal et qu’ils ont été les principaux initiateurs et bénéficiaires de ce montage. L’application de la pénalité de 80% est donc justifiée.
Confortée par cet avis favorable, l’Administration a logiquement maintenu l‘intégralité des redressements à l’encontre de la SCI et du couple.
Une affaire qui rappelle une règle essentielle : l’interposition d’une SCI ne permet pas de transformer artificiellement des dépenses personnelles en charges déductibles !
(*) Lorsqu’il est saisi, le comité de l’abus de droit fiscal (CADF) a pour mission d’émettre un avis consultatif sur le bien-fondé des accusations d’abus de droit émises par l’Administration.
Source : CADF, affaires n° 2025-20 et 2025-21 (séance du 13 novembre 2025)